Rachel-Rose et l'officier arabe _ Paula Jacques

Publié le par Laurence

Rachel-Rose et l’officier arabe
Mercure de France _ 415 pages
 
Rachel-Rose habite avec ses parents dans le quartier juif du Caire. On est à la fin des années 50 et la vie est douce au Caire pour les européens et ceux qui ont de l’argent. Mais Nasser accède au pouvoir et toute l’échelle sociale est bouleversée. Les militaires et les policiers deviennent les nouveaux maîtres de la Cité, faisant main basse sur l’ensemble des richesses de la ville. Les européens, colonisateurs, sont les premiers visés. Appeurés, ils fuient en masse, abandonnant la plupart de leurs possessions sur place, ne conservant que le maximum de cash pour refaire une vie dans leur pays d’origine. Ensuite, vient le tour des juifs. Ils ont beau être égyptiens. Ils sont souvent riches et ont beaucoup fait affaire avec les étrangers, contrairement aux musulmans. Et comme de nombreuses fois à travers l’histoire, ils servent là encore d’exutoire à la rancœur des égyptiens. Le père de Rachel-Rose est égyptien mais juif. Il n’est pas immensément riche mais gagne bien sa vie grâce à son magasin d’antiquité. Il n’est pas avare et est apprécié dans son quartier aussi bien par les juifs que par les musulmans. Un matin, un officier de police vient arrêter le père de Rachel-Rose. Il tonne, gronde, menace mais finalement après plusieurs heures de discussion, il semble s’adoucir et même vouloir aider cette famille à s’en sortir. Mais cette compassion n’est que feinte et cache de plus sombres desseins dont Rachel-Rose sera en partie l’instrument.
 
C’est un roman sur la vengeance, les problèmes de castes, sur la période de l’immédiate post-colonisation. Mais c’est aussi un roman très sensuel sur le passage à l’âge adulte d’une jeune fille mal dans sa peau. La relation qui se noue entre l’officier et Rachel-Rose est troublante et haletante.
Un moins : j’ai trouvé que le roman tombait parfois un peu dans la facilité pour accrocher le lecteur.
 
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