Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Recommander

Chroniques du Caire

Mardi 18 avril 2006 2 18 04 2006 11:24
Les départs suscitent bien des surprises, agitent bien des sentiments…
Au moment de partir les langues se délient et on découvre bien des choses.
On trouve de nouveaux amis. On est assuré que nos amis de toujours nous aiment autant qu’on le pensait. Et on laisse tout ça.
Comme c’est contradictoire ! C’est parce que l’on part qu’on découvre tout ça et à cause de tout ça, on est bien plus triste de partir…
 
Fis de la mélancolie !
 
Je suis arrivée avant hier soir. Le Caire m’a accueillie avec des yeux.
D’abord par le clin d’œil amusé d’un fonctionnaire de police lors du contrôle des passeports, puis par le regard interrogateur du douanier sur mon énorme sac.
-          What’s in ?, me demande-t-il en tâtant mon sac
-          You know, clothes… , je lui réponds, l’air éreintée
-          Ah, mess… ok, go… 
 
Quoi, « mess » ? Qu’est-ce qu’il croit, lui ! Je n’emmène pas un sac énorme pour mes vacances, juste par coquetterie. Non, dans ce sac-là, il y a tout ce sans quoi je ne pourrais pas vivre en attendant que mes autres affaires arrivent pas bateau dans 3 semaines. Mes fringues préférées, une réserve de bouquins sélectionnée avec soin (Eric, tu aurais pu en choisir un moins volumineux...), mon sèche-cheveux, mes haut-parleurs pour écouter un peu de musique de mon PC, etc…
 
Aujourd’hui, repos principalement. Une semaine pour tout organiser et partir, cela a été trop ou trop peu. Entre les dîners d’adieu et les journées de déménagement, je suis tout simplement crevée.
Je pense que mon foie va être heureux de prendre un peu de repos après toutes ces soirées arrosées… En tout cas, un grand merci à tous de m’avoir fait passer de si bons moments avant mon départ.
 
Pour vous faire baver un peu…
Il fait facilement 30° la journée. (Heureusement que je n’ai pas emmené de pulls…). Et le soleil est radieux bien évidemment.
 
Quelques photos de l'appartement, enfin pour vous faire baver un peu dont la vue sur le Nil et les pyramides (si, si, au fond de la photo...)
 
Par Laurence - Publié dans : Chroniques du Caire
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Mercredi 19 avril 2006 3 19 04 2006 10:25
J’ai participé hier soir à ma première soirée cairote.
Nous étions invités par John ,que Yassine avait rencontré par des amis communs.
John est, comme son prénom ne l’indique pas, libano-égyptien. Il dirige un cabinet d’avocats réputé sur le Caire.
Environ une fois par mois, il fait une soirée sur la terrasse de son appartement de Manial, une des îles du Caire. La terrasse est tout en haut d’un petit immeuble (qui lui appartient, bien évidemment…). Elle fait environ 60 m2 et est aménagée avec des tables et des chaises, une sorte d’alcôve entourée de feuillages, une petite cuisine avec un frigo bien rempli en bouteilles d’alcool de tout genre (pour ceux qui penseraient qu’on ne boit pas dans les pays musulmans…), un barbecue fumant, un baby-foot…
Elle donne sur le Nil, ce qui permet à un vent léger de nous rafraîchir un peu. Le température n’est pas très élevée le soir pour le moment mais reste quand même au-dessus de 15°C.
Assez de descriptions ! La soirée commence à 21h (ou plutôt 9 PM) et en bons parisiens, nous arrivons vers 21h45. Ce en quoi nous sommes bien avisés puisque nous ne sommes pas les premiers mais loin également d’être les derniers…
La faune est assez éclectique :
Des hommes : entre 30 et 40 ans pour la plupart, beaucoup sont fils de grandes familles égyptiennes et font « du business ». Dans quoi ? Dans tout et n’importe quoi. Ils entendent parler d’un projet et ça leur plaît ? ils y investissent leur temps et leur argent. Mais ne vous y trompez pas, ils ne sont pas en costume-cravate, ils sont à la cool, boivent, discutent, rigolent, dansent, ils paraissent tous jeunes et sans souci…
Des femmes : quelques-unes à l’image des hommes. Elles entreprennent, travaillent sur différents projets. Mais surtout de jolies filles, jeunes, pour la plupart entre 20 et 25 ans (il faut bien occuper tous ces businessmen…)
Toutes les nationalités se mélangent : egyptien, franco-egyptien, anglo-egyptien, polonaise, russe, américain, libano-egyptien… On parle anglais, français, arabe, russe…. La plupart des egyptiens parlent plusieurs langues en même temps. Ils commencent une phrase en anglais et la finisse en arabe, c’est assez spécial !
Et que fait-on dans ce genre de soirée ? On parle bien sûr. On rencontre des gens qui deviendront pourquoi pas des amis mais aussi surtout des « connexions » pour le business.
Parce que les connexions c’est important partout (c’est pas M. d’Hueppe qui pourrait me contredire), mais en Egypte, cela paraît énorme. Tu veux démarrer un projet, trouver un travail, investir… tout ce qu’il te faut c’est la bonne connexion.
Irina, russe, vit au Caire depuis 6 ans, elle travaille dans l’import-export entre Le Caire et Moscou. Elle appelle ça le « habibi-work ». « Habibi » en arabe signifie « Aimé ». Le « habibi-work », c’est le travail qu’on donne aux gens qu’on aime et ça marche beaucoup comme ça ici.
Sherine, egyptienne mais dont la grand-mère est française et qui a vécu à Londres et au Canada,me raconte qu’elle vient de finir un documentaire sur les enfants qui vivent dans la rue au Caire.
-          Et avant ? Tu faisais quoi ?, je lui demande
-          Avant ? Avant j’étais dans la danse, et puis encore avant j’ai travaillé dans un orphelinat.
-          Ah bon ?
-          Oui je n’aime pas faire toujours la même chose, j’aime bien changer, je ne veux pas qu’une   routine s’installe.
-          Et après, tu vas faire quoi alors ?
-          Je ne sais pas. Mais je n’ai pas envie de refaire un film. Je vais prendre un peu de temps pour moi, voir un peu plus mes amis et ensuite je verrais bien. Il se présentera forcément quelque chose d’intéressant.
Comme quoi, mon projet d’attendre un peu avant de me lancer tête baissée dans un boulot n’est pas une si mauvaise idée, puisque même les egyptiens le pratiquent !
Il y aurait encore beaucoup de choses à raconter, sur les discussions que j’ai eu hier soir (intégrisme, relations homme-femme...) mais cela fera l’objet d’autres sujets.
Par Laurence - Publié dans : Chroniques du Caire
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 22 avril 2006 6 22 04 2006 20:05
Les choses se sont un peu précipitées ces derniers jours, ce qui m’a laissé peu de temps pour écrire.
(Mais non Marie, je ne vous ai pas déjà oublié ! J’aurais l’air fine après seulement deux articles…)
 
Jeudi soir, seconde soirée cairote. Suite à un coup de fil d’un ami de Yassine, nous sommes partis vers 22h à Garden City (un des quartiers chics du Caire), où un couple de français faisait une soirée improvisée.
La soirée se déroule bien sûr sur la terrasse. Les terrasses, c’est un vrai bonheur dans ce pays !
Sur place, plusieurs musiciens étaient en pleine impro de jazz tandis qu’un petit groupe discutait tranquillement sur la terrasse. Ambiance principalement française avec un groupe d’expatriés français et des égyptiens francophones qui travaillent, entre autres, au centre culturel français. Ambiance sympa, assez éloignée de la soirée précédente. On fait de la musique, on parle, on boit, une petite partie de ping-pong pour se réchauffer de temps en temps (la température a tendance à tomber rapidement le soir ). Bref la belle vie. L’ambiance est assez différente de la soirée précédente. Les gens sont détendus, accueillants, sans attente particulière. On est loin du milieu précédent où les gens se jaugent avant de se parler.
 
Vendredi et Samedi, week-end sur la mer Rouge. Pour rappel, ici le week-end c’est vendredi et samedi comme dans la plupart des pays musulmans. Ensuite, ce week-end est un long week-end au Caire du fait de la Pâques copte qui a lieu lundi et mardi. Résultat, de nombreux cairotes font le pont.
Nous en avons donc profité pour aller faire un tour au bord de la mer. Nous sommes partis à Aïn el-Soukhna, à un peu plus d’une heure du Caire, juste au-dessous de Suez. La route pour y aller trace tout droit à travers le désert et c’est un paysage bien monotone de sable et de rocaille que nous voyons défiler pendant le trajet. Enfin nous arrivons à Aïn el-Soukhna. En fait de station balnéaire, c’est plutôt un compound. Point de ville ou même de village à Aïn el-Soukhna. Une enceinte, avec un portail munie d’une barrière nous accueille. Le gardien nous laisse passer en notant le numéro de la plaque d’immatriculation et nous débouchons dans une petite ville qui ressemble à un ensemble de pavillons de banlieue. Une succession de petites villas de vacances, toutes sur le même modèle, des rues bordées de palmier, un luxueux hôtel avec un golf, un petit supermarché, une banque. Enfin nous arrivons au complexe dans lequel se trouve notre hôtel. Nous laissons permis de conduire et assurance de la voiture au gardien du complexe. Ici les barrières sont omniprésentes dans le souci évident de rassurer une clientèle étrangère toujours craintive depuis les derniers attentats, quant à leur efficacité… L’hôtel est en fait un complexe composé de petits bungalows. C’est propre, les instalations sont accueillantes mais l’impression d’artificialité domine. Après un petit tour dans le complexe et à la plage, nous découvrons que c’est un hôtel-club pour italiens (mama mia…). Comme tous les hôtel-clubs, celui-ci nous laissera une impression mitigée. Une plage agréable mais une musique d’ambiance italienne plus que casse-pied, un restaurant-buffet qui ressemble à une cantine d’entreprise, des buveurs de bière au bord de la piscine… Il se dégage de tout cela une impression de gaieté forcée. Honnêtement, on avait réservé pour 2 nuits, on n’y sera resté qu’une. Le coin est agréable pour y passer la journée mais les soirées y sont vraiment déprimantes. Heureusement, des français rencontrés sur place nous indique un autre complexe où l’on peut venir simplement pour la journée contre un modeste ( ?) droit d’entrée.
 
Voilà pour notre première expérience de la mer Rouge. Heureusement, d’autres personnes nous ont parlé de coins fabuleux, plus loin en bordure du Sinaï. Nous ne resterons donc pas sûrement pas sur cette première impression mitigée.
J'ai enfin compris qu'il fallait compresser les photos pour les télécharger, alors voilà...
Route du désert        Péage               La Plage               
Par Laurence - Publié dans : Chroniques du Caire
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 24 avril 2006 1 24 04 2006 18:56
Premier accident de sa vie ! Yassine n’en revient pas, il vient d’avoir son premier accident !
Enfin si cela devait arriver, c’était forcément ici, au Caire.
Le 4x4 nous a heurté sur le côté droit. Nous filions tout droit sur une avenue menant au centre ville. Nous avions décidé de trouver un peu de calme, en allant boire un jus de fruits dans les jardins du Mariott sur l’île de Zamalek (eh oui, au Caire, on finit vite par avoir des goûts de luxe…). Mais il était écrit que ce calme devait se mériter…
Le 4x4 nous heurté sur le côté droit. Nous allions tout droit et lui nous a coupé la route en voulant tourner à gauche. Accident classique…
Tout le monde sort des véhicules. Enfin sauf moi. Pas la peine de sortir pour sentir tous les regards posés sur moi… (enfin ça c’est un autre sujet…). L’homme est d’une mauvaise foi incroyable, nous accusant de l’avoir heurté en nous déportant sur la gauche. Yassine rit à en pleurer, de rage bien sûr. Un policier arrive dans sa tenue blanche immaculée. Chacun s’explique, on étudie les dégâts. Un colonel trois étoiles s’arrête également et tout le monde recommence, les explications, les dégâts… On sort les papiers : permis, assurance. Yassine se prend quelques remarques sur le fait qu’il n’a pas encore fait faire son permis égyptien ou au moins un permis international.
Après bien des palabres, tout le monde est d’accord, nous ne sommes pas en tord. Mais l’autre n’est qu’un chauffeur de société. Il pleurniche, dit qu’il n’a pas d’assurance, qu’il ne pourra pas payer les réparation, que nous voulons le mettre sur la paille, qu’il faudra qu’il vende sa maison… Une pleureuse n’aurait pas fait mieux ! Plus vraisemblablement, il risque de perdre son emploi si on fait marcher l’assurance de la société qui l’emploie. Il préfère sans doute se débrouiller pour faire réparer la voiture lui-même à moindre coût sans que cela ne se sache ou en tout cas trouver une explication plus adaptée que la réalité…
Les policiers eux-mêmes nous découragent d’obtenir réparation. « Il n’y a rien à faire… ».
Voilà bien un des côtés les plus agaçants du Caire. La circulation est terrible, c’est certain. Les gens roulent n’importe comment. Mais le plus agaçant, c’est cette résignation à tout laisser dans l’état. On dirait que tout le monde s’en fiche. Les feux sont décoratifs, les policiers ne servent à rien. Et c’est le cas dans de nombreux autres domaines.
Au final, je vous rassure, les dégâts sont peu importants, juste un peu de tôle froissée. Ca ne nous a pas empêché de faire une visite ce matin jusqu’au site des pyramides de Dahchour.
Par Laurence - Publié dans : Chroniques du Caire
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 25 avril 2006 2 25 04 2006 15:27
Lundi 24 Avril :
20h05 : On s’apprête à sortir. Yassine allume la télé le temps que je finisse de me préparer. Soudain, il m’appelle. On est sur BBC News et un bandeau vient d’apparaître signalant trois explosions dans la station balnéaire de Dahab.
Au départ, on ne s’inquiète pas pour nous. On s’inquiète parce qu’on connaît des gens qui ont profté de ce long week-end pour partir à Dahab. Des français notamment dont on espère bien faire nos amis. D’ailleurs, vous me croirez ou non, mais on a bien failli y aller à Dahab. Quand ils nous ont dit qu’ils y allaient, on a failli partir avec eux. Mais c’était la veille au soir et nous avions d’autres projets. On a donc décidé de laisser Dahab pour une autre fois…
20h10 : On passe plusieurs coups de téléphone sur les numéros de portables de nos amis. Pas de réponse. Pas même de tonalité.
20h15 : je cherche plus d’infos sur le web, tandis que Yassine passe les chaînes du satellite au crible. Sur le web, rien. En fait cela vient d’arriver. Sur le satellite, on finit par trouver une chaîne déjà sur place : El Jazeera. Mais il y a peu d’informations. On sait que trois bombes ont explosées dans trois lieux touristiques. On parle de morts et de centaines de blessés. Mais c’est tout.
20h30 : On réessaye les portables. Toujours pas de réponses.  On décide de sortir quand même, de toutes façons il n’y a rien de plus que l’on puisse faire pour le moment.
20h40 : Sur le chemin, on a Tamer, le boss de Yassine au téléphone. Il n’a pas plus d’infos, en fait on lui apprend la nouvelle. Il a lui aussi des amis qui sont partis là-bas pour le week-end. On doit se voir plus tard dans la soirée au club de Jazz où il joue.
21h15 : Après plusieurs tentatives, on finit par avoir l’une de nos amis français au téléphone pendant qu’on dîne. Ils ont quitté Dahab une heure à peine avant les explosions. Ils sont toujours sur la route. Ils tentent d’avoir des nouvelles de leurs amis restés sur place. Au moins, ils vont bien.
22h30 : On rejoint Tamer à After Eight, le club de jazz. Il n’a pas plus d’infos. Il n’a pas réussi à joindre ses propres amis sur place.
01h00 : En rentrant à la maison, on refait le tour du web et des chaînes d’infos. On apprend qu’il y a 21 morts (qui deviendront 23 le lendemain) et environ 160 blessés. Les morts sont principalement égyptiens.
 
Mardi 25 avril :
Guère plus d’infos ce matin. L’attentat aurait été revendiqué par des mouvements proches d’Al-Qaïda.
Plusieurs hypothèses sont formulés :
     - un attentat terroriste proche d’Al-Qaïda visant un site touristique où de nombreux touristes étrangers sont présents. Mais dans ce cas, l’objectif n’est pas vraiment atteint, les morts étant principalement égyptiens.
     - un attentat provenant de groupuscules islamistes disséminés dans la région du Sinaï visant à destabiliser le régime de Moubarak.
 
Honnêtement, ces attentats ne nous font pas vraiment plus peur qu’auparavant. Nous n’en avons qu’à peine effleuré la réalité. D’autre part, des attentats ont lieu partout dans le monde et pas seulement en Egypte : Londres, Paris, New York… Et puis maintenant, on peut aller à Dahab tranquilles, il y a peu de chances qu’un attentat tombe deux fois de suite au même endroit ! Ne vous inquiétez pas trop pour nous.
Par Laurence - Publié dans : Chroniques du Caire
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus