Lundi 24 avril 2006
1
24
04
2006
19:22
Ce blog va s'enrichir d'une nouvelle catégorie : mes lectures égyptiennes. Comme certains d'entre vous le savent déjà, je participe à un forum littéraire sur le web pour lequel je rédige les critiques des livres que je lis. En venant en Egypte, j'ai décidé de commencer un cycle de lecture sur les écrivains du Caire et d'Egypte, je mettrai donc ici aussi les critiques de ces livres. Ces critiques sont bien sûr strictement personnelles et n'ont que l'ambition de refléter le plaisir que j'ai eu à lire ces livres... Et si ça peut vous donner envie...
Par Laurence
-
Publié dans : Lectures du monde arabe
3
-
Recommander
Mercredi 26 avril 2006
3
26
04
2006
21:56
Chose promise, chose dûe, une première critique "égyptienne"...
L’immeuble Yacoubian _ Alaa el-Aswany
Actes Sud _ 327 pages
Toutes les classes sociales gravitent autour de l’immeuble Yacoubian, immeuble typique du Caire. Taha, le fils du concierge qui veut devenir policier mais qui est rejeté pour des problèmes de classe sociale et qui devient islamiste ; Boussaïna qui est obligée de prendre des distances avec sa morale pour subvenir aux besoins de sa famille ; Hatem pour qui la richesse n’aplanit pas les difficultés de sa vie d’homosexuel ; Zaki, nostalgique de son passé d’aristocrate ; Azzam, prêt à profiter de toutes les opportunités qu’offrent un pouvoir corrompu…
On s’y croit, on se voit parfaitement sur la terrasse où habitent les habitants pauvres de l’immeuble, on déjeune avec les hommes d’affaires dans les hotels de luxe qui bordent le Nil et on entr’aperçoit la vie (ou plutôt les vies) de la société cairote.
Et surtout, on s’attache énormément à tous ces personnages, profondément humains, et qui cherchent chacun leur part de bonheur dans cette ville immense et troublée qu’est Le Caire.
C’est le phénomène du moment en Egypte et ailleurs. Un film, tiré du livre, est d'ailleurs en cours de production au Caire. C’est très « vrai ». Je vous le conseille vivement pour un aperçu de la vie du Caire !
Par Laurence
-
Publié dans : Lectures du monde arabe
2
-
Recommander
Samedi 29 avril 2006
6
29
04
2006
12:08
Quelques précisions sur le livre "l'immeuble Yacoubian".
Tout d'abord, une très bonne interview de l'auteur sur Libé que nous a trouvé Maud :
http://www.liberation.fr/page.php?Article=377818
Ensuite, j'ai appris hier soir par l'un de nos amis, qu'en réalité, le livre est inspiré par des personnages réels qui vivent au Caire. Bien sûr, tous les noms, les endroits ont été modifiés, mais une bonne part du livre serait exacte. Le grand jeu de la société cairote aujourd'hui est donc de deviner qui est qui. Et les rumeurs vont bon train...
Par Laurence
-
Publié dans : Lectures du monde arabe
0
-
Recommander
Jeudi 15 juin 2006
4
15
06
2006
15:00
Rachel-Rose et l’officier arabe
Mercure de France _ 415 pages
Rachel-Rose habite avec ses parents dans le quartier juif du Caire. On est à la fin des années 50 et la vie est douce au Caire pour les européens et ceux qui ont de l’argent. Mais Nasser accède au pouvoir et toute l’échelle sociale est bouleversée. Les militaires et les policiers deviennent les nouveaux maîtres de la Cité, faisant main basse sur l’ensemble des richesses de la ville. Les européens, colonisateurs, sont les premiers visés. Appeurés, ils fuient en masse, abandonnant la plupart de leurs possessions sur place, ne conservant que le maximum de cash pour refaire une vie dans leur pays d’origine. Ensuite, vient le tour des juifs. Ils ont beau être égyptiens. Ils sont souvent riches et ont beaucoup fait affaire avec les étrangers, contrairement aux musulmans. Et comme de nombreuses fois à travers l’histoire, ils servent là encore d’exutoire à la rancœur des égyptiens. Le père de Rachel-Rose est égyptien mais juif. Il n’est pas immensément riche mais gagne bien sa vie grâce à son magasin d’antiquité. Il n’est pas avare et est apprécié dans son quartier aussi bien par les juifs que par les musulmans. Un matin, un officier de police vient arrêter le père de Rachel-Rose. Il tonne, gronde, menace mais finalement après plusieurs heures de discussion, il semble s’adoucir et même vouloir aider cette famille à s’en sortir. Mais cette compassion n’est que feinte et cache de plus sombres desseins dont Rachel-Rose sera en partie l’instrument.
C’est un roman sur la vengeance, les problèmes de castes, sur la période de l’immédiate post-colonisation. Mais c’est aussi un roman très sensuel sur le passage à l’âge adulte d’une jeune fille mal dans sa peau. La relation qui se noue entre l’officier et Rachel-Rose est troublante et haletante.
Un moins : j’ai trouvé que le roman tombait parfois un peu dans la facilité pour accrocher le lecteur.
Par Laurence
-
Publié dans : Lectures du monde arabe
0
-
Recommander
Jeudi 31 août 2006
4
31
08
2006
08:54

L’Egypte est endeuillée ce matin. Elle a perdu un grand homme de lettres hier, Naguib Mahfouz.
Une rapide bio :
Naguib Mahfouz est né en 1911 dans un quartier populaire du Caire. Issu de la petite bourgeoisie, il commence à écrire très tôt et publie des nouvelles dès l’âge de 17 ans. Cet écrivain prolifique (plus de 50 romans et nouvelles publiés) eut une reconnaissance tardive vers 45 ans avec le succès de La Trilogie (Impasse des deux palais, Le palais du désir, Le jardin du passé).
Il est le seul écrivain de langue arabe à avoir obtenu le Prix Nobel de Littérature (1988).
Son œuvre qui raconte l’Egypte contemporaine et surtout Le Caire dont il était un observateur infatigable, a souvent été contestée par les islamistes, notamment, pour ses convictions clairement libérales. L’un de ces romans a été frappé d’interdiction officieuse de publication en Egypte (Les fils de la Medina, 1959). Et il y a quelques années, il a réchappé de justesse d’une tentative d’assassinat qui lui a laissé la main droite paralysée.
Pour ma part, je ne suis pas une grand fan de Naguib Mahfouz pour le style que je trouve un peu lent et trop délayé. La Trilogie, par exemple, constitue un énorme pavé (entre 400 et 700 pages pour chacun des volumes). Néanmoins, la peinture du Caire de l’époque et des différents personnages et caractères de la société égyptienne est fidèle et très intéressante. On comprend mieux l’Egypte en lisant Mahfouz, c’est certain. A lire, bien qu’ils soient méconnus, ses touts premiers livres sur l’Egypte pharaonique. J’avais beaucoup aimé son premier roman La malédiction de Râ (1939), assez proche du conte philosophique.
Par Laurence
-
Publié dans : Lectures du monde arabe
0
-
Recommander
Commentaires