Lundi 10 juillet 2006
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Comme je ne lis pas que de la littérature égyptienne (heureusement pour moi...) et que ces derniers temps, j'ai lu quelques très bons livres, je vous rajoute cette rubrique sur mes lectures au fil de l'eau.
Le soleil des Scorta _ LAURENT GAUDE
Babel _ 283 pages
L’histoire :
Les Scorta sont issus d’une lignée maudite, fruit d’une méprise, engendrés par un vaurien et une vieille fille que la vie avait oubliée. Le village entier de Montepuccio, brûlé par le soleil des Pouilles, regarde avec autant de crainte que de mépris les trois derniers des Scorta : Carmela, Domenico et Giuseppe, orphelins, deshérités, maudits par leur père même. Ils n’ont rien et tout est à construire. Mais ils ont le sang des Scorta, mélange de sueur et de fierté, qui coule dans leur veine. D’un aller-retour à New-York, ils font le début de leur fortune et reviennent à Montepuccio pour la consolider.
Solidaires jusqu’au bout, ils se battent pour eux, leur famille et leur dignité.
Ce qui m'a plu :
C’est un livre qui sent la sueur. Un livre sur ce dont on est capable quand on a rien et qu’on a tout à prouver. Un livre sur le bonheur de transpirer pour mériter de vivre et faire vivre ceux qui dépendent de nous. Un livre qui maudit l’apitoiement, la paresse et le nombrilisme.
C’est aussi un livre qui sent le soleil, écrasant le plus souvent. Un livre qui a le goût des pâtes et des tomates séchées. Un livre qui nous fait flotter dans de minuscules barques de pêcheur colorées à la tombée de la nuit.
Le style de Laurent Gaudé est simple et efficace. Pas de mots superflus, l’essentiel toujours. L’histoire est à l’image des tragédies, un peu irréelle mais tellement belle.
Un très bon livre.
Pour vous donner envie :
« Nous n’avons été ni meilleurs ni pires que les autres, Elia. Nous avons essayé. C’est tout. De toutes nos forces, nous avons essayé. Chaque génération essaie. Construire quelque chose. Consolider ce que l’on possède. Ou l’agrandir. Prendre soin des siens. Chacun essaie de faire au mieux. Il n’y a rien à faire d’autre que d’essayer. Mais il ne faut rien attendre de la fin de la course. Tu sais ce qu’il y a à la fin de la course ? La vieillesse. Rien d’autre. Alors écoute (…). Il faut profiter de la sueur. C’est ce que je dis, moi. Car ce sont les plus beaux moments de la vie. Quand tu te bats pour quelque chose, quand tu travailles jour et nuit comme un damné et que tu n’as plus le temps de voir ta femme et tes enfants, quand tu sues pour construire ce que tu désires, tu vies les plus beaux moments de ta vie. »
Prix littéraires (même si c'est pas forcément une référence...) : Goncourt 2004
Du même auteur, à lire aussi : La mort du roi Tsongor
Par Laurence
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Publié dans : Lectures au fil de l'eau
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D’une manière générale, je ne suis quasiment jamais déçue des livres que j’achète de chez Babel, la collection Livre de Poches d’Actes Sud. Comme je suis rarement déçue d’Actes Sud également.
Coronado
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